Author: Mathieu Guimont

L’ascension de ChatGPT au Québec : Perspectives d’une révolution IA

L’ascension de ChatGPT au Québec : Perspectives d’une révolution IA

Résumé des résultats du sondage
  • Entre mai et novembre 2023, la notoriété de ChatGPT a grimpé de 50 % à 59 %, avec une popularité notable chez les jeunes de 18-24 ans (90 %).
  • Son nombre d’utilisateurs progresse également, passant de 18 % à 23 % et atteignant un impressionnant 62 % chez les jeunes de 18-24 ans.
  • Près de la moitié (47 %) des utilisateurs s’en servent régulièrement, soit au moins une fois par mois.
  • La moitié des utilisateurs l’ont utilisé dans le cadre de leur travail.
  • Les Québécois emploient ChatGPT pour accomplir une multitude de tâches, allant de la recherche d’informations à la rédaction, et même pour obtenir des conseils personnels.
  • Malgré une reconnaissance générale de son efficacité, 58 % des utilisateurs ont déjà reçu des informations erronées de ChatGPT.
  • Les Québécois restent pour le moment prudents dans leur perception du développement de l’IA et des impacts anticipés sur le marché du travail, souhaitant un développement éthique et responsable.

 

ChatGPT poursuit sa progression

Alors qu’en novembre, la moitié (50 %) des internautes québécois avaient entendu parler du système d’intelligence artificielle générative, ils sont maintenant six sur dix (59 %). Le fossé des générations saute aux yeux. En effet, la notoriété atteint 90 % chez les 18-24 ans, alors qu’elle diminue progressivement avec l’âge, pour se situer autour de 35 % chez les personnes de 65 ans ou plus.

Graphique Notoriété et utilisation de ChatGPT au Québec

Portrait des utilisateurs

Le taux d’utilisation général est, quant à lui, passé de 18 % à 23 %, mais atteint un impressionnant 62 % chez les 18-24 ans. Près de la moitié (47 %) des utilisateurs s’en servent de manière régulière, soit à une fréquence d’au moins une fois par mois.

La moitié des utilisateurs ont déjà utilisé ChatGPT dans le cadre de leur travail. Cette proportion atteint même 76 % chez les utilisateurs détenant un diplôme universitaire. Notons également que 35 % ont téléchargé l’application mobile et que 11 % utilisent la version payante, qui permet notamment de créer des images.

Jusqu’ici, on utilise principalement ChatGPT comme un moteur de recherche ou un dictionnaire, en lui confiant la tâche de trouver des informations (66 %) ou de définir des concepts (48 %). On fait aussi appel à ses capacités de synthèse, de rédaction de courriels et de préparation de documents (ex. : présentation, conférence). Enfin, plusieurs utilisateurs comptent sur ChatGPT pour des conseils sur le plan personnel (ex. finances, santé).

Efficace ou non?

Neuf utilisateurs sur dix estiment que ChatGPT répond généralement bien à leurs demandes. Malgré tout, la majorité des utilisateurs (58 %) reconnaissent que le système leur a déjà fourni de l’information erronée.

Perceptions générales à l’égard de l’intelligence artificielle

Les Québécois appuient avec prudence le développement de l’intelligence artificielle, une attitude qui est demeurée plutôt stable au cours des six derniers mois. Environ le quart des individus se montrent réfractaires. Parmi les domaines où les Québécois voient le plus de bénéfices potentiels, notons la cybersécurité, la traduction de textes, la santé, l’exploration spatiale et la détection d’incendies de forêt. 

L’intelligence artificielle et le marché du travail

Un peu plus de Québécois estiment que l’intelligence artificielle aura un effet positif plutôt que négatif sur leur travail, mais le faible écart entre les deux témoigne de craintes palpables chez plusieurs. En fait, un travailleur sur quatre entrevoit des effets négatifs, alors qu’un peu plus du tiers penche pour des effets positifs. Les autres ne prévoient pas d’effets tangibles. Quant à l’effet potentiel sur leur vie de tous les jours, les Québécois se montrent plus optimistes que pour leur travail, bien que deux sur dix entrevoient des effets négatifs.

La place du Québec

Pour l’instant, les Québécois ont plus l’impression que le Québec accuse un retard plutôt qu’une avance en matière d’intelligence artificielle par rapport aux autres provinces canadiennes, et ce malgré la présence à Montréal de l’institut en intelligence artificielle (MILA), qui jouit d’une renommée internationale. La notoriété de cet organisme s’établit à 13 %, ce qui peut expliquer en partie la perception de retard du Québec par rapport aux autres provinces.

Quel gendarme pour l’IA?

De manière à assurer un développement éthique et responsable de l’intelligence artificielle, les Québécois préfèrent que cette tâche cruciale relève d’organisations internationales, des gouvernements, de comités ou d’agences de réglementation indépendantes plutôt que d’institutions académiques ou de l’industrie elle-même.

 

Méthodologie

L’étude a été réalisée en ligne du 24 au 28 novembre 2023 auprès d’un échantillon de 1 002 adultes québécois inscrits au panel d’internautes de SOM. Les résultats ont été pondérés de manière à refléter les principales caractéristiques sociodémographiques des adultes québécois. La marge d’erreur maximale est de +/- 4,0 %, 19 fois sur 20.