Publié par Eric Lacroix le 12 juin 2008

Représentativité d’un échantillon : clin d’oeil historique

L’élection présidentielle américaine de 1936 a marqué l’histoire des sondages d’opinion : un petit échantillon représentatif (1 500 personnes) a fait une meilleure prédiction qu’un énorme échantillon (plus de deux millions de personnes!!!) à participation volontaire. L’introduction d’un rapport du Centre d’expertise des grands organismes du gouvernement du Québec relate l’anecdote (p. 6) :

En 1936, six candidats s’affrontaient pour la présidence des États-Unis, dont le démocrate Franklin D. Roosevelt, président en poste, et son principal adversaire, le Républicain Alfred M. Landon. Avant l’élection, la revue Literary Digest distribua un sondage afin d’anticiper l’issue du scrutin. Près de dix millions de bulletins de sondage furent distribués aux abonnés du magazine, à des gens figurant au bottin téléphonique, à des propriétaires d’automobiles et à des gens inscrits sur les listes électorales. Bien que la participation au sondage se faisait volontairement, plus de deux millions de bulletins ont été retournés. Le Literary Digest ayant prédit correctement le résultat des cinq élections présidentielles précédentes, toute l’Amérique s’attendait à une passation des pouvoirs lorsqu’il annonça que le prochain président serait Alfred M. Landon.

Pendant ce temps, un sondeur peu connu du nom de George Gallup organisa lui aussi un sondage pour déterminer le gagnant de l’élection. Contrairement au Literary Digest, qui s’en remettait à la participation volontaire des nombreux individus contactés, Gallup contacta seulement quelques individus sélectionnés à la suite d’un échantillonnage aléatoire. Sûr de ses moyens, il fit non pas une, mais deux prédictions : 1) le Literary Digest annoncera la victoire de Landon, et 2) Roosevelt remportera l’élection. Dans les deux cas, Gallup visa juste.

George Gallup marquait ainsi l’histoire des sondages! Mais au-delà de son intérêt historique, l’anecdote rappelle un fait fondamental : même si on interroge un très grand nombre de répondants, rien ne garantit que l’échantillon soit représentatif si des mesures ne sont pas prises en ce sens. La manière de sélectionner les individus à sonder influence fortement les résultats qu’on va obtenir.

1 Commentaire sur “Représentativité d’un échantillon : clin d’oeil historique”

  1. Anonyme

    Elle est quand meme intéressante cette petite histoire, je vais me pouvoir me coucher un peu moins naiseux ce soir. Merci!!!

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