Publié par Julie Fortin le 26 mars 2009

La médiatisation des cas de suicide

Vous vous souvenez certainement du triste drame familial (pacte de suicide, homicides) survenu en début d’année dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le drame avait alors été largement médiatisé, tant dans la région du Saguenay qu’ailleurs au Québec. En lien avec ce drame, le Centre de prévention du suicide 02 a mandaté SOM pour réaliser un sondage auprès de la population de la région.

Objectif du sondage
L’objectif du sondage était de connaître les perceptions des adultes (18 ans et plus) du Saguenay-Lac-Saint-Jean à propos de la médiatisation des cas de suicide. Les médias doivent-ils traiter des cas de suicide? Le font-ils correctement? Devraient-ils changer quelque chose dans leur approche? Voilà quelques exemples des questions posées aux répondants.

Principaux résultats
Le Centre de prévention du suicide 02 a adapté le rapport produit par SOM pour faire une conférence de presse ce matin. Vous pouvez donc consulter les principaux résultats dans la présentation ci-dessous (cliquez dans le coin inférieur droit de l’encadré – icône «full screen» – pour agrandir).

Note : il ne s’agit pas du rapport de recherche original de SOM, mais d’une adaptation faite par le CPS à des fins de diffusion de l’information.

Et vous? Que pensez-vous de la médiatisation des cas de suicide? Partagez-vous l’avis des résidents du Saguenay-Lac-Saint-Jean?

Méthodologie
Ce sondage téléphonique a été mené du 12 au 20 février 2009 auprès de 300 adultes de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La marge d’erreur est de 5,8 %, 19 fois sur 20. Celle-ci augmente toutefois lorsque les données concernent un sous-groupe.

*Besoin d’aide pour vous ou un proche? Composez en tout temps le 1 866 APPELLE (277-3553).

2 Commentaires sur “La médiatisation des cas de suicide”

  1. marie jeanne langevin

    Ces drames ne devraient jamais être mis à la portée des populations afin d’éviter d’aggraver les nombreuses souffrances des gens impliqués autour de ces malheureux, d’éviter aux personnes rongées par ces idées de passer à l’acte sous prétexte que certains ont posé le geste et qu’ils en sont parfaitement apte eux-mêmes, et pour éviter aux mauvaises langues de se nourir de ces événements et d’en faire leur conversation favorite. Ces derniers n’ont en fait aucune idée des souffrances de ceux et celles qui restent et des conséquences qu’occasionnent l’acte de se supprimer pour la plupart, autant psychologiquement que matériellement surtout si ces malheureux travaillent avec un proche ou um ami et qu’ils se côtoient au quotidien, de même que pour ceux et celles avec qui ils partagent leur quotidien.
    Personne ne peut dire que ce sont des événements qui ne se produiront jamais dans leur propre résidence ou même dans leur entourage immédiat, et non, ça n’arrive pas que chez le voisin et de moins en moins de nos jours avec la conjoncture économique que nous traversons depuis tellement d’années et qui ferme les portes à de plus en plus de gens sur le marché du travail.
    Ils se retrouvent souvent très isolés et sans ressources ou si peu, que c’en est ridicule.
    Même l’aide sociale ne peut leur être d’un grand secours lorsqu’ils acculent les gens atteind d’un problème psychologique au pied du mur en les suivant à la trace et en les obligeant à retourner coûte que coûte sur le marché du travail croyant sans doute qu’ils s’amusent et que leurs problèmes mentaux se résolveront le lendemain matin.
    Ils ne sont pas fous ces gens, ils sont malades et ces problèmes psychologiques en soi sont très souvent occasionnés par notre société qui est elle-même très affectée par tout ce qui se passe au quotidien.
    Les médias auraient surtout intérêt à offrir un soutien réel en permettant sous forme de capsule de diriger ces personnes et leur entourage vers les bons organismes et ne pas faire de ces publicités des publicités morbides, mais démontrer que ces gens peuvent s’en sortir. Une image vaut mille mot, tant mieux, alors servez vous de ce vieil adage pour faire de vos pubs des pubs plaisantes à regarder et non comme étant du type enfermé dans un local gris et sombre ou l’espoir est très peu présent. Montrez donc plutôt des gens souriant qui se sont sortis de leur torpeur et de leur problème, des gens qui retrouvent goût à la vie dans un endroit ensoleillé, bien encadrés de leur compagnon de travail et souriant ou en vacances avec leur petite famille non pas dans le Sud mais à la pêche, à faire des activités qui sont à la portée de toutes les bourses, bref, faites un effort messieurs et mesdames les journalistes. Combien de grosses compagnies vous offriront un soutien pour ces pubs et même pour l’aide à l’ouverture de nouveaux centres?
    Demandez et vous recevrez tout simplement. Nous devons nous entraider et c’est ici que nous devons le faire et non attendre que l’extérieur nous vienne en aide constamment. Se prendre en main en tant que société et se prendre en main sérieusement. L’entraide n’a jamais fait mourir qui que ce soit et pour ceux qui trouvent l’idée si idiote, eh! bien sachez que ce sont des gens comme vous qui ne peuvent rien de bon et de bien dans une société, pourtant le jour ou vous aurez besoin vous serez les premiers à frapper aux portes et ils vous répondront car ils ont le coeur à la bonne place.
    Contre la publicité des drames suicidaires et de toutes catégories de drames aussi malheureux et sanglants que ces événements. Cessez de nourir les populations des ce qui est noir et commencez à nous nourrir de ce qui est blanc.
    Solutions, coopération, entraide etc. Croyez vous qu’une municipalité qui se dit saine et quelques terres de la Curonne ne pourraient être offertes à ces organismes pour ces gens et leur
    grand bien afin d’y construire de nouveaux centres, non pas payés pour les obtenir mais donné par le gouvernement, ils ne savent quoi en faire de toute façon. Ensuite les matériaux de construction pourraient être offerts par divers grosses boîtes et les ameublements de même! Seigneur, il y a tellement de gaspillage partout dans ce foutu pays que les plus démunis écopent constamment. Réagissez et agissez car un jour viendra peut-être ou vous les gouvernements n’aurez peut-être même plus assez de contribuables pour garnir vos coffres, Pensez y bien car l’avenir est loin d’être rose pour qui que ce soit.
    C’est mon avis.

  2. Jean-François

    Je doute fort que les médias cesseront un jour de diffuser de mauvaises nouvelles, c’est malheureusement leur gagne-petit et loin est le jour où ils changeront de cap pour ne présenter que des événements heureux. Cela dit, je suis entièrement d’accord avec les propos ci-haut mais je ne me fais pas d’idée à ce que ces belles propositions deviennent toutes réalité. C’est un triste constat que je fais de notre société qui a si soif de ces drames humains. Pour preuve, les journaux qui prônent la diffusion d’événements « jaunes » sont bien plus populaires et plus rentables que La Presse et Le Devoir pour ne nommer que ceux-ci.

    Je ne pense pas que l’on doive nécéssairement arrêter de diffuser ces nouvelles mais il est certain qu’un peu de retenue dans les détails serait plus que bienvenue. Encore là, au risque de me répéter, quel journaliste un peu moins scrupuleux ne sera pas tenté de rendre son article plus croustillant afin de se démarquer des autres et ainsi se fidéliser une certaine clientèle en recherche de sensations fortes. Il y en aura toujours. C’est triste mais la nature humaine est ainsi faite. Bien que l’on réclame plus d’éducation et d’informations pertinentes sur toutes les tribunes en rapport à ces drames pour les diminuer, la volonté de réagir nos dirigeants est encore trop timide et insuffisante.

    Il y a quand même des points positifs à la diffusion de tels événements. Elles font prendre conscience aux gens que tout n’est pas rose et que ce n’est pas en cachant ces « choses laides » que l’on arrivera à régler le « problème ». Il faut au contraire en parler pour évacuer, chercher des solutions, faire contribuer des gens aux solutions pour éviter que d’autres agissent fatalement parce qu’ils sont mal informés, sans ressources, ne savent pas où aller pour chercher de l’aide.

    Je suis curieux de savoir à quel point les cas des filles Hilton et Nathalie Simard ont réussi à faire sortir de la noirceur des gens qu’on ne savait pas condamnés avec de tels secrets et qui poussent parfois au suicide. Nous ne le saurons jamais, c’est bien sûr et je ne souhaite pas qu’il en soit autrement mais, je crois que les chiffres confirmeraient qu’il faut malheureusement un(e) sacrifié(e) pour en sauver combien d’autres.

    Ce qui est trop triste dans tout ça, c’est que l’on parle seulement de ceux qui sont passés à l’acte avec des résultats irréversibles sans parler de tous ceux que l’on arrive à aider, à sortir de l’impasse, à reprendre une vie normale grâce aux ressources disponibles. S’il y avait un juste milieu dans ces nouvelles, peut-être serions-nous mieux équipés pour faire baisser le nombre d’événements tristes parce qu’il est clair que nous n’arriverons jamais à les éliminer complètement.

Laisser un commentaire