Publié par Julie Fortin le 24 septembre 2009

Je suis victime d’un raccourci méthodologique dans La Presse Affaires

pt-exclamation2Éric-Pierre Gibeault, dans un article de La Presse Affaires, fait référence au plus récent sondage SOM/BRANCHEZ-VOUS.COM portant sur l’utilisation personnelle d’Internet au travail. Voilà qui est très bien! J’aurais toutefois aimé qu’il ne tombe pas dans le piège de ce que je dénonce souvent sur ce blogue : une méthodologie non pas floue dans ce cas-ci, mais carrément amputée des détails les plus importants. Voyez par vous-même…

La méthodologie que j’ai communiquée (sur ce blogue, sur bénéfice.net, dans le communiqué de presse) :

Ce sondage Web a été mené du 11 au 17 août 2009 auprès de 1297 internautes québécois qui travaillent en entreprise ou dans une organisation (et non à la maison). Cet échantillon est tiré du panel Or de SOM, lequel est constitué de répondants recrutés de façon aléatoire. La marge d’erreur maximale pour l’ensemble est de 4,8 %, 19 fois sur 20.

La méthodologie communiquée par le journaliste de La Presse Affaires hier :

Le sondage SOM, réalisé pour Branchez-Vous, a été effectué du 11 au 17 août dernier auprès de 1297 travailleurs. La marge d’erreur maximale est de 4,8%, 19 fois sur 20.

Voyez-vous la différence? En comprenez-vous les conséquences? Nous ne parlons pas de la même population! En effet, le sondage a été mené auprès des internautes qui travaillent en entreprise, et non auprès de l’ensemble des travailleurs. Si nous avions fait ce sondage auprès de l’ensemble des travailleurs (incluant les personnes qui n’utilisent pas Internet – et qui ne sont donc PAS des internautes), nous aurions nécessairement obtenu des pourcentages plus bas.

Donc, lorsque M. Gibeault déclare : «La moitié des travailleurs québécois reconnaissent utiliser le réseau internet à des fins personnelles sur leurs heures de travail», c’est inexact. Il aurait plutôt fallu lire : «Près de la moitié des internautes qui travaillent dans une organisation reconnaissent utiliser le réseau Internet à des fins personnelles sur leurs heures de travail.»

Si certaines caractéristiques sont identiques entre la «population des internautes québécois» et la «population québécoise», ce n’est certainement pas le cas des variables spécifiquement liées à l’utilisation d’Internet, comme dans ce sondage.

Il ne s’agit pas ici de simples nuances sémantiques : c’est un tout autre sens que M. Gibeault donne aux résultats du sondage SOM/Branchez-vous.com : il fait une affirmation que notre sondage ne permet pas de confirmer.

MAJ
M. Gibeault a fait une erreur et a modifié son article en conséquence. Il m’a d’ailleurs écrit pour me le mentionner.

À lire sur le même thème :
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4 Commentaires sur “Je suis victime d’un raccourci méthodologique dans La Presse Affaires”

  1. Stéphane Guérin

    Mais 50% des travailleurs, c’est autrement plus vendeur comme titre! ;-)

  2. Julie Fortin

    Tu as tout à fait raison Stéphane! Je ne prétends pas que c’était l’objectif du journaliste cependant. L’erreur est humaine! ;)

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