Publié par Julie Fortin le 21 janvier 2009

Do-not-call List ou Do-call List? Là est la question!

CTV News créait une petite controverse à la fin de la semaine dernière à propos de l’efficacité – ou plutôt de l’inefficacité selon le point de vue adopté par l’article – de la «Do-not-call List» canadienne, c’est-à-dire la Liste nationale des numéros de télécommuncation exclus (LNNTE), dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises dans ce blogue.

Selon Eleanor Friedland, vice-présidente du Consumers Council of Canada, la situation serait… pire qu’avant! (Lire : les appels de télémarketing auraient augmenté plutôt que diminué). Ce qui est étrange, c’est qu’on ne s’appuie sur aucune donnée… L’affirmation est lancée comme ça, à peine cinq mois après le lancement de la fameuse liste… Ça ressemble drôlement à une façon détournée d’attirer l’attention du public sur une toute autre chose.

Dans les faits, ce que l’article reproche au CRTC, c’est la «disponibilité» de la LNNTE : si vous vous rendez sur le site Web de l’organisme, vous pouvez acheter la liste; on y décrit notamment comment s’abonner et quels sont les tarifs. On craint qu’une telle pratique ouvre la voie à des abus : achat de la liste par des individus mal intentionnés ou encore par des entreprises de télémarketing hors Canada qui ne sont pas soumises à la Loi fédérale. Aucun abus de la sorte n’est cependant rapporté… Certains groupes de pression crient-ils au loup trop rapidement?

Du côté du CRTC, on affirme que l’implantation de la LNNTE est un succès et que plusieurs rétroactions des Canadiens sont à l’effet que le nombre d’appels de télémarketing a diminué. On maintient également qu’on agira contre toute personne ou entreprise qui fera mauvais usage de la Liste.

C’est à suivre…

8 Commentaires sur “Do-not-call List ou Do-call List? Là est la question!”

  1. Nicolas Roberge

    Moi je me suis inscrit sur la liste le premier jour qu’’elle a été lancée. J’ai vu une réduction importante et significative dans mon cas. Les appels que je recevais étaient des entreprises de fertilisation de gazon et des vendeurs de thermopompes. J’ai eu des appels de partis politiques pendant les deux campagnes électorales, mais ils sont exclus du règlement.

  2. Julie Fortin

    Effectivement, il ne faut pas oublier qu’il y a plusieurs exclusions et que la Liste ne vise à interdire que les appels de télémarketing.

  3. Martin N

    Imaginez que vous deviez faire du télémarketing pour vendre un tas de bidules quelconques. Il vous faut appeler des gens pour leur vendre vos bidules. Qu’allez vous prendre comme liste de numéro: le bottin ou bien LA liste de gens qui ne veulent surtout pas ête apellés (car inscrits sur la LNNTE)? Imaginez la soirée des téléphonistes: «Vous n’avez pas le droit de m’apeller, je suis sur la Do-not-call List!!!» (je vous épargne les divers éléments de la litturgie catholique, si vous apellez au Québec). Ouf. Si vraiment des entreprises ont achetées la LNNTE pour faire des affaires, les résultats ont dû être plus que minables.

  4. Julie Fortin

    C’est un bon point Martin! La liste n’était pas encore en vigueur que, déjà, nos intervieweurs en entendaient parler – même si les firmes de sondage sont exclues. (Voir ce billet : http://blogue.som.ca/liste-rouge-ne-pas-confondre-sondages-et-telemarketing ).

  5. Su

    Qu’on le veuille ou non, la présente situation pose la limite des interventions gouvernementales. Il ne faut pas oublier que la raison d’être de cette liste est de protéger le consommateur. Le protège-t-on vraiment ? Est-ce, encore une fois, une illusion de protection? Ce ne serait pas le premier programme public à avoir des effets pervers.

    Cela dit, la solution à ce problème est peut être technique plutôt que réglementaire.

    Peu importe, ce dossier est très intéressant et mérite d’être suivi.

    Bravo!

  6. Julie Fortin

    Merci Su. Je suis le dossier, mais si vous avez des échos à ce sujet, n’hésitez pas à m’en fait part!

  7. Su

    Je crois que la réponse à votre question se retrouve dans le titre de votre billet. Éclair de génie ou simple hasard, il n’en demeure pas moins que vous avez trouvé la réponse. Ce n’est pas une Do-not- call list qu’on aurait du faire mais une Do-Call-List.

    Ainsi, les gens intéressés à recevoir les appels des télémarketeurs pourraient s’inscrire sur la Do-Call-list, qui serait ensuite vendu aux télémarketeurs. Ces derniers devraient limiter leurs appels au numéro de la liste et ne pas déranger ceux qui n’y sont pas inscrit.

    Bravo! Vous devriez offrir vos services au Gouvernement canadien. Les bonnes idées ne sont pas leur crédo.

  8. Julie Fortin

    Il ne s’agit pas d’un hasard, mais d’un éclair de génie, bien sûr! ;)

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